Le rôle de la prescription d’opioïdes dans l’abus et la dépendance aux opioïdes chez les personnes souffrant de douleur chronique non cancéreuse : Le rôle de la prescription d’opioïdes. 2014

Clin J Pain. 2014 July ; 30(7): 557–564. doi:10.1097/AJP.0000000000000021

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Objectif :

Les taux croissants de troubles liés à l’utilisation d’opioïdes (abus et dépendance) chez les patients à qui l’on prescrit des opioïdes constituent un problème de santé publique important. Nous avons étudié l’association entre l’exposition aux opioïdes prescrits et les troubles de l’utilisation des opioïdes (TUO) chez les personnes présentant un nouvel épisode de douleur chronique non cancéreuse (DCNC).

Résultats :

Les patients atteints de DCNC à qui l’on a prescrit des opioïdes présentaient des taux significativement plus élevés de problèmes d’usage d’opioïdes que ceux à qui l’on n’a pas prescrit d’opioïdes. Les effets variaient en fonction de la dose quotidienne moyenne et des jours d’approvisionnement : faible dose, aiguë (rapports de chance (OR)=3,03, intervalle de confiance (IC)=2,32, 3,95) ; faible dose, chronique (OR=14,92, IC95%=10,38, 21. 46) ; dose moyenne, aiguë (OR=2,80, IC à 95 %=2,12, 3,71) ; dose moyenne, chronique (OR=28,69, IC à 95 %=20,02, 41,13) ; dose élevée, aiguë (OR=3,10, IC à 95 %=1,67, 5,77) ; et dose élevée, chronique (OR=122,45, IC à 95 %=72,79, 205,99).

Nos conclusions ont des implications cliniques importantes, car elles suggèrent que le risque de survenue d’un TUO est relativement faible pour un essai aigu d’opioïdes. Nos résultats suggèrent également qu’en cas de traitement chronique par opioïdes, la faible dose présente beaucoup moins de risques de TUO que la dose moyenne, et la dose moyenne est beaucoup moins risquée que la dose élevée. Nos données suggèrent qu’il est presque insignifiant de parler d’un ” taux ” unique de TUO, car les taux de TUO varient plus de 50 fois, en fonction de la dose moyenne et de la chronicité (c’est-à-dire de 0,12 % pour une dose aiguë et faible, à 6,1 % pour une dose chronique et élevée). Conformément aux études antérieures, nos régressions logistiques multiples suggèrent qu’un âge plus jeune, des antécédents de troubles liés à la consommation de substances et des antécédents de troubles mentaux sont tous associés aux TUO. À cet égard, il est intéressant de noter que l’ampleur des rapports de chance pour ces facteurs de risque bien établis était généralement inférieure aux rapports de chance pour les variables spécifiques de la dose moyenne et de la chronicité, ce qui suggère l’importance de caractéristiques spécifiques de l’exposition aux opioïdes sur ordonnance.

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