Risque de dépendance à l’héroïne chez les nouveaux consommateurs d’héroïne. 2018

JAMA Psychiatry. 2018;75(8):863-864. doi:10.1001/jamapsychiatry.2018.1214

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Chaque jour, 30 à 50 résidents américains meurent d’une overdose d’héroïne. En comparaison, on estime que 300 à 520 personnes commencent à consommer de l’héroïne chaque jour. Pour les nouveaux consommateurs, ces risques de décès par overdose peuvent sembler infimes. Pour cette raison, les cliniciens et les praticiens de la santé publique méritent des preuves plus convaincantes à partager avec les personnes qui envisagent d’essayer l’héroïne. En cherchant des résultats reproductibles à partir de 15 échantillons épidémiologiques américains, nous avons estimé la fréquence à laquelle les nouveaux consommateurs d’héroïne deviennent dépendants de l’héroïne. L’estimation se concentre sur les 1 à 12 premiers mois après la première consommation d’héroïne.

Résultats

Le nombre de participants dans les ensembles de données variait de 54 079 à 58 397 par an. Les pondérations d’analyse ont permis d’équilibrer les variables démographiques avec les valeurs du recensement américain année par année (par exemple, 48 % d’hommes et 52 % de femmes). La participation a été assurée pour plus de 70% des répondants désignés et plus de 80% des unités d’habitation échantillonnées. Les chiffres montrent une reproductibilité générale entre les estimations spécifiques à 15 ans, avec une estimation sommaire par méta-analyse à effets aléatoires de 30,2% (IC 95%, 22,9%-37,5%) devenant héroïnomane dans un délai d’environ 1 à 12 mois après le début de la consommation d’héroïne. Pour certaines années récentes, on observe des estimations ponctuelles plus importantes (Spearman ρ = 0,52 ; P = 0,052).

Les taux de décès par surdose d’héroïne ont augmenté après 2010. Nous avons spécifié des comparaisons par méta-analyse à effets aléatoires de 2 intervalles et avons constaté que, de 2006 à 2010, le risque de dépendance était de 23,7 % (IC à 95 %, 16,8 %-30,6 %) contre 41,7 % (IC à 95 %, 35,3 %-48,0 %) de 2011 à 2016. Nous avons ensuite exploré les années 2002 à 2010 et obtenu une estimation de 20,1 % (IC 95 %, 15,5 %-24,7 %). Nous avons comparé l’estimation de 20,3 % (IC 95 %, 14,6 %-25,9 %) de 2002 à 2009 avec celle de 39,9 % (IC 95 %, 31,4 %-48,5 %) de 2010 à 2016.

Discussion

Lorsqu’on les observe dans un délai d’environ 1 à 12 mois après le début de la consommation d’héroïne, on estime que 23 % à 38 % des nouveaux consommateurs d’héroïne sont devenus dépendants de l’héroïne. La corrélation de rang et les analyses exploratoires post hoc permettent d’émettre l’hypothèse d’une augmentation récente des chances de devenir dépendant de l’héroïne.

À la recherche d’estimations à des fins de comparaison, nous avons trouvé 3 études publiées sur la fréquence de la dépendance à l’héroïne chez les personnes ayant consommé de l’héroïne au moins une fois dans leur vie. L’estimation de la National Comorbidity Survey (1990-1992) était de 23 % de taux de dépendance (avec une erreur standard [SE] de 5 %) ; l’estimation (SE) de la National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions (2001-2002) était de 28 % (4 %) ; et l’estimation (SE) de la National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions-III (2012-2013) était de 25 % (2 %). Ces trois valeurs donnent un résumé de méta-analyse à effets aléatoires de 26 %, avec un IC à 95 % de 22 % à 29 %, qui recoupe clairement le résultat global de cette étude, à savoir que 23 % à 38 % de tous les participants deviennent dépendants de l’héroïne peu après leur première consommation.

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